et puis?


N’y a-t-il rien de plus démoralisant que de constater son impuissance face à un engrenage, un mécanisme proprement humain? Je ne parle pas de la réalisation qu’il y a plus grand que soi; cette expérience est à la base de la spiritualité et peut s’avérer fort enrichissante. La constatation dont je fais mention ici, c’est celle que l’on vit lorsqu’on ressent la distance infinie entre chaque homme.

L’autre jour, j’étais au Mont Royal avec ma copine, jouant de la guitare, goûtant le soleil. Notre rêverie est interrompue par un cri; deux hommes se bagarraient. Au loin, je ne distinguais pas leur langue. Ne saisissant pas les enjeux de leur altercation et ramarquant la largeur du gang derrière un des deux hommes, nous ne faisions rien. Le plus jeune a démoli le plus vieux, lui a prit son vélo et est parti. Que faut-il pour que deux êtres d’une même race, deux humains, se meurtrissent? Les deux étaient assez bien vêtus pour que nous puissions écarter la possibilité de famine; on aurait simplement assisté à un violent vol non pas en raison de survie, mais puisque l’un des deux voulait s’enrichir. Être plus productif; amasser plus de capital. Plus de capital pourquoi? Fo’ mo’ bitches?

Daft Punk exprime bien cette frénésie productiviste qui nous pousse à l’insensé dans son Harder, Better, Faster, Stronger. On sent l’emprise sur l’individu de la collectivité. Que faire? La fête! Voici un cover pas comme les autres de l’hymne du dancefloor par le groupe La Pompe Moderne, fortement influencé de l’intemporel Brassens.

La Pompe Moderne – Plus dur, meilleur, plus rapide, plus fort

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